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Emmanuel Macron ne veut pas d’un Etat contre les pollueurs

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Le président de la république était de passage dans la région le 13 février pour parler de réchauffement climatique, biodiversité à Chamonix et surtout pollution de l’air à Saint-Gervais.

En matière de pollution de l’air, la démarche du président de la République est très simple : pas de changement structurel, mais des changements éparpillés qui mis bout à bout doivent aboutir à une transformation.

Au niveau des camions, notamment du transport de marchandises, il veut que le parc de camions soit changé le plus rapidement avec une réglementation à l’échelle européenne pour ne pas pénaliser les transporteurs français. Au 1er juillet 2020, les poids-lourds de normes euro 3 et euro 4 en transit dans la vallée doivent être interdits. Remarquons que cette annonce n’est qu’un accompagnement du renouvellement du parc routier actuel depuis que la réglementation n°595-2009 de l’Union Européenne oblige les constructeurs au respect de la norme Euro 6.

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Au niveau du chauffage au bois, il a rappelé que près de 3 000 cheminées ont été rénovés mais qu’il en reste encore 5 à 8 000 à changer. Le président insiste alors sur le fonds Air-Bois pour que les gens changent plus vite leurs systèmes de chauffage défectueux. Il en est de même pour le « Fonds-Air Industrie » qu’il souhaite « monter en puissance » pour « faire muter l’industrie ».

En tant que libéral, Emmanuel Macron est cohérent. Le libéralisme c’est concevoir la société comme une juxtaposition de volontés individuelles et éparpillées (le chef d’entreprise ou le consommateur). C’est une vision des choses mais nous pensons qu’elle est totalement insatisfaisante pour surmonter la pollution de l’air dans notre vallée. 

Dans une société où c’est la concurrence qui est la loi économique, tout le monde cherche à maximiser ses intérêts. Donc, pour le dire autrement, tout le monde cherche à tricher pour gagner sur ses concurrents.

On voit cela avec les fraudes à l’AdBlue, ce système de limitation des émissions de dioxyde d’azote des poids-lourds de norme Euro 6. Dans notre article sur « les fraudes à l’adblue » d’octobre 2018, nous remarquions la chose suivante :

« Le réservoir de liquide « Adblue » se vide environ tous les 1 000 km. Pour les camions soumis à la norme Euro 6, une sécurité bloque automatiquement le moteur du camion lorsque le réservoir est vide. »

De nombreux transporteurs soumis à la logique économique du flux-tendu et aux exigences de leurs clients font alors souvent le choix d’acheter des émulateurs qui coupent l’ Adblue. Un émulateur coûte 20€ et l’amende risquée est de 750€  ! Et encore faut-il que des contrôles aient lieu, alors que ceux-ci doivent être fait en présence obligatoire d’inspecteurs de la Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) qui est en sous-effectif.

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Voilà la réalité de l’économie de marché dont Emmanuel Macron ne dit rien car il en est le produit intime. Cet exemple des poids-lourds peut en fait se décliner pour toutes les autres mesures.

Le président est par exemple fier de parler de la « prime à la conversion » des automobiles moins polluantes. Mais voilà que l’association Inspire vient de lancer une action en justice contre les fraudes aux systèmes de dépollution des voitures Renault, Peugeot et qu’il n’y a pas bien longtemps éclatait le « Dieselgate » chez Volkswagen.

De la même sorte que, concurrence économique oblige, l’électricité coûte en moyenne annuelle 1 696€  alors qu’une facture du chauffage au bois s’élève à 759€. Les consommateurs iront donc surtout au moins cher.

Mais, tout comme les fraudes à l’adblue ou aux systèmes anti-pollution des voitures, quelles normes doivent respecter les nouveaux inserts de cheminée ? Quels contrôles sont effectués ? Que sait-on réellement des émissions de particules fines des foyers fermés alors que la filière-bois est très puissante en France ?

Tout cela est tout à fait anarchique. C’est une gestion aléatoire, éparpillée, sans aucune garantie si ce n’est le « bon vouloir » des particuliers. C’est intolérable ! La pollution de l’air qui n’en finit pas demande une action forte, énergique, sans compromis, en impliquant réellement les gens vers un mode de vie collectif. 

Il faut par exemple des systèmes de chauffage centralisés liés à des lieux de vie collectifs. Aux Ewües par exemple, la chaufferie Dalkia est un bon exemple de chauffage propre. L’eau est chauffée grâce à l’hydroéletricité pour irriguer des canalisations d’eau chaude dans tous les bâtiments.

Les camions doivent aller sur le transport collectif qu’est le ferroviaire, comme le disent toutes les associations. Mais cela non pas dans 10 ou 15 ans comme le sous-entend Emmanuel Macron qui ne veut forcer personne. Mais justement il faut forcer et contraindre au report modal sur l’Autoroute Ferroviaire Alpine à Aiton en Savoie, utilisée à seulement 20 % de ses capacités… C’est cela qu’on attend de l’Etat, d’être une puissance implacable au service de la population.

Emmanuel Macron c’est donc la concurrence marchande. Il n’y a aucune issue écologique là-dedans. Nous avons besoin d’une volonté politique forte, capable de contraindre les pollueurs qui tenteront toujours de tirer leur épingle du jeu économique libéral. Commençons donc à nous informer nous même pour créer un grand mouvement populaire qui sera alors capable de tout !

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