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La voiture électrique améliore t-elle la qualité de l’air ?

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Lors de son annonce de plan de relance de l’automobile, Emmanuel Macron a tablé sur un million de véhicule électrique produit en France d’ici 2025. A cela s’ajoute de nombreuses aides pour s’acheter un véhicule de ce type. Présentée comme une voiture « zéro émissions », qu’en est-il du point de vue de la pollution de l’air ?

Les sources de pollution d’une voiture sont multiples. Avec la question du réchauffement climatique, ce sont les gaz d’échappement et leurs Co2 qui ont été mis en avant de manière tout à fait logique et légitime.

Mais, concernant la pollution de l’air, la question n’est pas là. Le véhicule électrique supprime une source de pollution : celle des dioxydes d’azotes (No2) émises par les moteurs. Tout comme le Co2, on parle bien ici d’un gaz (Nox – oxydes d’azote) qui se forment du fait de la combustion à haute température du moteur. Les No2 sont principalement issu du trafic routier : reconvertir le parc automobile vers l’électrique peut donc supprimer cette source de pollution.

Seulement, une voiture n’est pas simplement polluante de part son « pot d’échappement » mais aussi par son usure elle-même. L’usure des disques et des plaquettes de frein mais aussi des pneumatiques et de la route sont d’importantes sources de particules fines (de taille égale ou inférieure à 10 microns ou égale ou inférieure à 2,5 microns  – Pm10, Pm 2,5).

En 2018, l’Agence fédérale pour l’environnement en Allemagne (Umweltbundesamt) a publié une étude très intéressante à ce sujet. Si un moteur à combustion émet 7 740 tonnes de Pm10 par an, l’usure des disques et des plaquettes de freins en libèrent 7 340 tonnes et l’abrasion des pneus et de la chaussée, 13 980 tonnes !

A ce stade, on sait donc que l’usure annuelle d’une voiture thermique produit environ 30 000 tonnes de PM10, dont seulement un tiers résulte de la combustion du moteur. A ce niveau, la voiture électrique ne semble pas moins polluante pour les particules fines.

Mais il faut ajouter encore deux aspects : la taille et le poids des véhicules. Les voitures, avec notamment le succès des S.U.V (sport utility vehicle), ont doublé en poids et en taille ces dernières années, y compris pour les pneumatiques. De plus, une voiture électrique est beaucoup plus lourde qu’une voiture thermique.

Par exemple, la Fiat 500 pesait 470 kg en 1970. En 2018, elle pesait 960 kg et la « Prima », sa version électrique, pèse 1,350 tonne. La voiture électrique est ainsi beaucoup plus lourde, ce qui ne peut qu’avoir un impact sur l’émission liée aux freins et aux pneumatiques. Remarquons que l’on parle ici d’une petite voiture, plutôt citadine, et qu’on est loin des SUV. Le « model X », S.U.V du leader Tesla, pèse 2,5 tonnes !

Une entreprise propose ainsi d’intégrer un mini-aspirateur sur le disque de frein afin de récupérer les particules. D’autres proposent d’utiliser des matériaux moins fragiles pour limiter l’émission des pneumatiques. Mais cela ne fait qu’augmenter les coûts de fabrication des voitures, et avec la crise économique actuelle, il est à peu près certain que cela va passer à la trape. Capitalisme oblige…

Alors finalement, pire ou moins pire le véhicule électrique ? S’il va supprimer complètement la source d’émission en dioxydes d’azote, les particules fines libérées par ce type de véhicule risquent bien d’être égale, voir même supérieure à un véhicule thermique.

Cela montre à quel point la voiture électrique n’est pas la solution adéquate pour améliorer la qualité de l’air.

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