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Pollution de l’air et covid-19, que sait-on ?

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Le retour de l’hiver s’accompagne de l’inversion des températures. Formant un couvercle qui fait stagner les polluants atmosphériques, ce phénomène météorologique propre à la montagne joue un rôle important dans la formation de pics de pollution, lors desquels le respect des seuils légaux de concentration des particules fines est dépassé.

Dans le contexte actuel de pandémie mondiale de coronavirus, le retour de tels pics de pollution ne peut que nous inquiéter. Car on en sait un peu plus sur les liens entre la pollution de l’air et le virus. Nous avons épluché les articles et études disponibles sur cette question et nous proposons une synthèse.

  1. Dès mars 2020, des chercheurs et des médecins de la Société italienne de médecine environnementale (Sima) publient une étude qui constate une « accélération anormale » de l’expansion des infections dans la vallée du Pô,« coïncidant de manière évidente, à une distance de deux semaines, avec les concentrations les plus élevées de particules atmosphériques ». Les particules fines (égales ou inférieures ici à une taille de 10 micromètres) seraient vecteur du virus.
  2. Le 11 mai 2020, Santé Publique France a été auditionné sur la question du lien entre pollution de l’air et diffusion du covid-19. Il a été rappelé que  »la pollution favorise l’inflammation et diminue la réponse immunitaire de l’organisme face aux infections. Il est donc raisonnable de considérer la pollution de l’air comme un co-facteur de morbi-mortalité par COVID-19. »
  3. En avril 2020, une étude de l’université d’Harvard, basée sur 90 % des décès par covid-19 aux Etats-Unis, a révélé le lien entre décès et pollution de l’air. Les scientifiques affirment  »qu’une augmentation de seulement 1 μ g / m 3 des PM 2,5 est associée à une augmentation de 8% du taux de mortalité du COVID-19″
  4. Une étude de l’université de Cambridge a démontré le lien entre le développement d’une forme grave de covid-19 et l’exposition à long terme aux polluants atmosphériques, principalement aux oxydes d’azote. Ces polluants de nature gazeuse sont issus de la circulation routière et de la combustion de combustibles fossiles. Les dioxydes d’azote augmentent les récepteurs dans le corps sur lesquels s’accrochent le coronavirus.
  5. Plusieurs études ont montré que l’exposition à des niveaux élevés de pollution aggrave l’état des patients qui souffrent de diabète, d’hypertension, de maladies coronariennes et d’asthme, en plus d’affaiblir le système immunitaire des personnes en bonne santé. Le diabète et l’hypertension sont des facteurs de comorbidité du covid-19.
  6. Alors que l’Inde est le deuxième pays au monde le plus touché par l’épidémie, avec 7 651 107 cas, dont 54 044 nouveaux cas et 115 914 décès au 21/ octobre, New Delhi est l’une des premières villes touchées par le virus. De nombreux chercheurs s’inquiètent de l’impact des très graves pics de pollution entre novembre et février, notamment pour les populations pauvres les plus exposées aux sources de pollution, ayant pour conséquence une insoutenable sur-charge hospitalière.
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Indice de qualité de l’air (IQA) à New Delhi le 22 octobre 2020 : 218, soit « très mauvais pour la santé ». Pour comparaison, la vallée de l’Arve connait des pics de pollution hivernaux avec un IQA entre 100 et 180.

La pollution de l’air a donc semble t-il un rôle dans la diffusion du coronavirus sur des distances plus longues. De même, et cela est beaucoup plus avéré, la fragilisation de l’appareil respiratoire des individus exposés à des zones plus polluées que d’autres favorise l’infection par covid-19. A cela s’ajoute que cette fragilisation respiratoire accentue les risques de contracter une forme grave du virus et amplifie des facteurs de comorbidité.

Voilà les principaux éléments à retenir quant au lien entre pollution de l’air et covid-19. Il est par conséquent évident que la lutte contre la pollution de l’air doit faire partie du plan de lutte contre le second « syndrome respiratoire aigu sévère à coronavirus »  (SARS-CoV-2) ayant émergé en décembre 2019 en Chine.

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